Qu’est-ce qu’une plante indigène?

Les plantes indigènes, ce sont celles qui poussent naturellement ici, en France, depuis des siècles, sans intervention humaine.
Elles se sont adaptées à nos sols, à la lumière du climat tempéré et aux saisons changeantes.
Ces plantes sont un maillon essentiel de l’écosystème local: elles nourrissent les insectes, les oiseaux et les petits animaux d’ici, et offrent refuge et équilibre.
Dans le sol, elles vivent en lien avec des champignons et bactéries eux aussi indigènes, tissant une vie invisible et précieuse.
On appelle plantes indigènes celles qui se sont installées naturellement après la dernière période glaciaire.
Les espèces présentes avant 1500 et encore vivantes aujourd’hui sont dites naturaliséesi. Elles font partie de notre flore nationale.
C’est le cas, par exemple, du châtaignier (Castanea sativa) et du noyer (Juglans regia), introduits à l’époque romaine, ainsi que de nombreuses espèces fruitières.
Les plantes sauvages peuvent être indigènes, mais aussi autochtones.
Les autochtones sont les descendantes directes des plantes indigènes: elles se sont adaptées depuis des siècles au sol et au climat de leur région.
En France, on estime qu’environ 93 % des essences forestières sont encore autochtones, tandis que seulement 8 % des peuplements forestiers sont dominés par des espèces exotiques.
L’importance des plantes et des arbres indigènes
- Les plantes indigènes sont parfaitement adaptées à leur environnement. Elles résistent mieux aux sécheresses, aux gelées et aux changements de climat, et tombent rarement malades.
- Les insectes se sont, au fil du temps, spécialisés sur ces plantes. On trouve ainsi beaucoup plus d’espèces d’insectes sur les arbres indigènes que sur les arbres importés.
- Les insectes et papillons connaissent intimement leurs plantes hôtes: ils savent à quel moment les fleurs s’ouvrent, quand le pollen est prêt, quand le nectar coule.
- Certains insectes dépendent totalement d’une ou de quelques espèces locales pour se reproduire. Ces plantes dites « plantes-hôtes » accueillent leurs œufs et leurs larves. Si elles disparaissent, les insectes, abeilles solitaires, papillons, bourdons, disparaissent aussi. La quasi-totalité de ces plantes-hôtes (environ 99 %) sont indigènes.
- En plantant des essences locales, tu favorises la vie: les insectes reviennent, et avec eux les oiseaux insectivores.
- Les plantes et les arbres vivent aussi en symbiose avec un réseau de champignons et de bactéries spécifiques. Le sol et la vie aérienne se répondent.
- Tout est relié: en plantant des espèces indigènes, tu participes à la restauration de la biodiversité française.
Les formes cultivées des plantes indigènes

Beaucoup de plantes indigènes existent sous deux formes: la forme botanique sauvage et la forme cultivée, appelée cultivar.
Les cultivars sont des hybrides créés par l’homme à partir des espèces indigènes, souvent choisis pour leurs fleurs plus grandes, leurs couleurs ou leur absence d’épines. Ces versions n’existent pas dans la nature.
La plupart des jardineries proposent surtout ces cultivars, et il faut parfois chercher un peu plus loin, dans des pépinières spécialisées, pour trouver de vraies plantes indigènes.
Ce n’est pas un problème d’avoir des cultivars dans ton jardin, mais il faut savoir qu’ils soutiennent moins la biodiversité que les espèces sauvages.
Certains cultivars restent proches de leurs ancêtres indigènes.
L’essentiel est d’éviter ceux à fleurs doubles: les abeilles et les bourdons ne peuvent pas y accéder. Choisis toujours des fleurs simples, ouvertes, et évite de couvrir de grandes surfaces uniquement de cultivars.
Petit conseil: si c’est un cultivar, son nom est indiqué entre guillemets sur l’étiquette.
Qu’est-ce qu’une espèce exotique?

Les exotiques sont des espèces venues d’ailleurs, introduites volontairement ou non par l’homme.
Toutes ne deviennent pas envahissantes, et il est difficile de prévoir lesquelles le deviendront. Certaines mettent même un siècle avant de se propager.
Un exemple bien connu en France: l’arbre à papillons (Buddleja davidii).
Au départ, il semblait bénéfique, ses fleurs riches en nectar attiraient les papillons. Mais aujourd’hui, on observe que plusieurs variétés de Buddleja se comportent de façon invasive, colonisant talus et friches au détriment des espèces locales.
À noter: les plantes qui migrent naturellement vers nos régions en raison du réchauffement climatique et parviennent à s’y installer ne sont pas considérées comme exotiques.
Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante?
Les espèces invasives sont celles qui se propagent rapidement et déséquilibrent la nature.
Elles nuisent aux écosystèmes et peuvent même endommager les infrastructures humaines.
En France, une réglementation stricte interdit désormais leur commerce et leur plantation.
