Le perce-oreille est bien connu. Selon les régions, on l’appelle aussi forficule, pince-oreille, pince-cul ou pince-bête.
Son nom, mais aussi son utilité, divisent les jardiniers. Certains le craignent et cherchent à l’éliminer. D’autres, au contraire, font tout pour l’attirer dans leur potager ou verger.
Ces insectes discrets aiment surtout les vergers et les haies variées. On les trouve aussi dans les jardins d’ornement et les potagers. Là où les pucerons et autres ravageurs abondent, le perce-oreille devient un allié précieux. Il aide à réduire naturellement les populations d’insectes nuisibles.
Pourtant, sur Internet, on trouve aussi de nombreux conseils pour les faire fuir. Alors, faut-il les protéger ou s’en méfier ?
Le cycle de vie remarquable du pince-oreille

La vie du perce-oreille débute en février ou mars. À ce moment, la femelle pond entre 40 et 80 œufs dans un petit nid souterrain.
Fait étonnant : les jeunes ne passent pas par un stade larvaire. Ils naissent déjà sous forme de minuscules forficules à la peau tendre, appelés nymphes.
Ces jeunes pince-oreilles restent cachés dans le sol jusqu’à la fin du printemps. Puis, à partir de fin mai ou début juin, ils sortent de terre et poursuivent leur croissance à la surface. Peu à peu, ils deviennent adultes.
Ainsi, la moitié de leur vie se déroule sous terre, l’autre à l’air libre.
En automne, vers septembre ou octobre, les perce-oreilles retournent s’abriter dans la couche supérieure du sol, à environ 5 à 7 cm de profondeur.
C’est là qu’ils passent l’hiver. Leur cycle de vie complet dure environ 14 à 16 mois.
Que mange un pince-oreille ?

Au printemps, la femelle du pince-oreille sort la nuit pour chasser.
Elle capture des œufs d’insectes et de petites larves, puis rapporte sa prise au nid.
Là, elle régurgite cette nourriture pour nourrir ses jeunes.
Très vite, les petites nymphes quittent le nid.
Elles apprennent à se nourrir seules : collemboles, champignons, algues, acariens et petits organismes. En cas de manque de nourriture, elles peuvent même se dévorer entre elles.
Le pince-oreille est surtout très utile pendant la période où il vit à l’air libre, de juin à octobre.
Durant cette période, il dévore de nombreux insectes nuisibles tels que :
- le carpocapse des pommes et des poires,
- le puceron lanigère du pommier,
- le psylle du poirier,
- les pucerons,
- les cécidomyies,
- et même les cochenilles.
Ils se nourrissent aussi de champignons, d’algues et parfois de jeunes pousses des arbres.
Exemple d’utilité des perce-oreilles
Dans notre jardin, nous avons une méthode simple mais efficace pour attirer les perce-oreilles.
Je cultivais mes laitues en pots pendant toute la saison et je les plaçais ensemble sur une petite table près de la serre.
Ainsi, je pouvais les arroser facilement, elles restaient à l’abri des limaces et poussaient très bien.
Au moment de la récolte, je trouvais presque toujours au moins un pince-oreille par plant de laitue. Parfait !
Ils venaient d’eux-mêmes vers mes plantes, et je n’avais jamais de pucerons dans mes salades.
Et ils ne touchaient même pas aux feuilles !
Je pense qu’ils venaient surtout pour boire.
En été, un pince-oreille peut en effet avoir vraiment soif.
Les perce-oreilles sont-ils nuisibles ?

Beaucoup de gens ne veulent pas de perce-oreilles dans leur jardin, car ils pensent que ces insectes abîment les fruits ou les plantes.
Mais est-ce vraiment le cas ?
Pendant les périodes sèches, les pince-oreilles partent activement à la recherche d’eau.
Ils peuvent alors grignoter parfois des pommes ou des poires.
Mais attention, il y a un détail important !
Les perce-oreilles ne peuvent pas percer la peau des fruits sains avec leurs mandibules.
Les grappes de raisins restent donc intactes.
Ils se nourrissent uniquement de fruits déjà abîmés : fissurés, endommagés par la grêle ou picorés par les oiseaux.
Ils profitent de ces ouvertures existantes pour pénétrer à l’intérieur et manger la chair du fruit.
Les pince-oreilles aiment aussi se cacher entre les fruits ou dans les grappes de raisin.
Cela peut laisser quelques petites crottes, mais pour le jardinier amateur, ce n’est pas un problème : il suffit de les laver.
Pour les viticulteurs, en revanche, c’est différent : une trop grande quantité de déjections de perce-oreilles peut altérer le goût du vin.
L’utilité du pince-oreille par rapport aux autres auxiliaires
Les perce-oreilles sont de véritables nettoyeurs du jardin. Ils consomment autant de pucerons que les larves de chrysopes et les larves de coccinelles.
Une nymphe de pince-oreille peut dévorer jusqu’à 50 pucerons par jour, et un adulte même jusqu’à 120.
Leur plus grand atout reste toutefois leur régime alimentaire varié.
Les coccinelles se nourrissent surtout de pucerons et d’acariens. Les larves de chrysopes, elles, mangent aussi les pucerons lanigères et les psylles.
Le pince-oreille est encore plus polyvalent : il s’attaque à de nombreux types d’insectes nuisibles.
Des recherches menées dans des vergers professionnels le prouvent. Les populations naturelles de perce-oreilles peuvent contrôler efficacement des ravageurs comme le puceron lanigère du pommier et le psylle du poirier. Cela n’est possible que si aucun insecticide nocif n’est utilisé.
Le seul inconvénient, c’est leur rythme. Les perce-oreilles deviennent actifs plus tard dans la saison. Les larves de coccinelles et de chrysopes, elles, commencent déjà leur travail dès le début du printemps.
Attirer les perce-oreilles dans votre jardin
Les perce-oreilles sont surtout actifs la nuit et au crépuscule. Pendant la journée, ils aiment se cacher dans des endroits sombres et étroits : entre les feuilles, sous l’écorce ou dans les grappes de fruits.
Bon à savoir si vous souhaitez installer des abris à perce-oreilles dans votre jardin.
Lorsqu’ils trouvent une bonne cachette, les perce-oreilles y laissent une phéromone. Celle-ci les incite à y revenir et attire aussi d’autres perce-oreilles.
Plus l’abri reste en place, plus il attirera des habitants.
Fabriquer soi-même un abri à perce-oreilles
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On fabrique un abri simple pour perce-oreilles de la manière suivante :
- Découpez un morceau de carton ondulé et roulez-le sur lui-même.
- Fixez-le avec un fil de fer pour qu’il garde sa forme.
- Percez un trou dans un gobelet en plastique et attachez le carton au gobelet à l’aide du fil de fer.
Astuce : suspendez les abris à l’abri de la pluie, entre les feuilles des arbres ou des arbustes, ouverture vers le bas, afin qu’ils ne soient pas mouillés. Les perce-oreilles n’aiment pas les cachettes humides.
Attention : certains oiseaux peuvent déchirer le carton pour attraper les perce-oreilles.
Une autre méthode simple
Remplissez de petits sachets en plastique avec de la paille et suspendez-les dans le verger.
Les perce-oreilles s’y réfugient volontiers pour se cacher et se reposer pendant la journée.
C’est une méthode simple et efficace pour garder ces précieux auxiliaires dans votre jardin.
Les ennemis naturels du pince-oreille
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Les perce-oreilles ont, à chaque étape de leur vie, leurs propres ennemis naturels.
Les œufs sont particulièrement sensibles aux champignons et aux bactéries.
C’est pourquoi la femelle les lèche chaque jour pour les nettoyer. Elle évite ainsi qu’ils ne moisissent ou ne se dessèchent.
Lorsque les jeunes perce-oreilles vivent encore dans leur nid souterrain, ils risquent d’être attaqués par des carabes ou des mille-pattes.
Une structure de sol bien développée, avec de nombreuses petites cavités et fissures, aide les nymphes à mieux se cacher et augmente leurs chances de survie.
Une fois à la surface, les perce-oreilles sont principalement la proie des oiseaux tels que les pies, les geais, les mésanges et les étourneaux.
Malheureusement, certaines personnes pensent encore qu’il faut éliminer les perce-oreilles, alors qu’ils jouent un rôle essentiel dans l’équilibre du jardin.
Pendant leur hibernation dans le sol, les perce-oreilles peuvent de nouveau être attaqués par des champignons et des bactéries.
Effets des produits chimiques sur les pince-oreilles
Des recherches scientifiques à l’université de Wageningen au Pays-Bas, montrent que plusieurs insecticides sont nocifs pour les perce-oreilles, surtout lorsqu’ils sont pulvérisés entre juin et octobre, c’est-à-dire pendant la période où ils sont actifs à la surface.
Les herbicides, comme le Weedazol, peuvent également influencer la population.
Lorsqu’ils sont appliqués en automne, au moment même où les perce-oreilles adultes se retirent dans le sol, cela peut perturber fortement leur reproduction.
De manière générale, les produits phytosanitaires chimiques déséquilibrent le milieu naturel et freinent la biodiversité.
Si vous souhaitez continuer à profiter des auxiliaires naturels dans votre jardin, mieux vaut choisir des méthodes écologiques et, si nécessaire, faire appel à des insectes utiles.
Le saviez-vous ? Quelques faits surprenants sur les perce-oreilles

En France (comme en Belgique et dans une grande partie de l’Europe), l’espèce de perce-oreille la plus commune est : le perce-oreille commun (Forficula auricularia).
Caractéristiques :
- Corps brun rougeâtre d’environ 12 à 16 mm.
- Pincettes (cerques) bien visibles à l’extrémité de l’abdomen.
- Très répandu dans les jardins, vergers et haies.
- Espèce omnivore et très utile contre les pucerons, psylles et autres petits ravageurs.
Il existe aussi d’autres espèces plus rares en France, comme Forficula lesnei, Chelidura acanthopygia ou Chelidurella guentheri, mais elles sont beaucoup moins fréquentes et souvent localisées dans des milieux précis (montagne, forêts sèches, etc.).
Saviez-vous qu’un perce-oreille peut voler ?
Il possède de très fines ailes postérieures, soigneusement repliées sous ses courtes ailes antérieures, dures et cuirassées.
On le voit rarement en vol, mais il vole très bien !
Et malgré son nom trompeur, le perce-oreille ne pénètre pas dans les oreilles.
Il cherche simplement de petits recoins étroits où il peut se cacher en toute sécurité.
Ses pinces à l’extrémité de l’abdomen peuvent impressionner, mais rassurez-vous : le perce-oreille ne mord pas et ne fait aucun mal aux humains.




